Aleister Crowley, l’homme tourmenté qui va inspirer Gardner
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Nous avons mentionné Aleister Crowley dans l’article précédent, et sa collaboration avec Gérald Gardner. Nous allons maintenant approfondir sur le personnage dont le véritable nom est « Edward Alexander Crowley ». Il en a eu d’autres que je vais vous faire découvrir au fil de mes recherches. Il était connu pour être occultiste serte, mais aussi auteur, mage et franc-maçon, puis tarologue. À la mort de son paternel, il va abandonner la foi chrétienne. C’est là que sa mère va le rejeter et l’appeler « la grande bête 666 », en l’accusant d’être possédé par le diable. Cet événement va avoir une grande influence sur lui et sur son parcours dans le monde de la sorcellerie. Sa mère va ensuite le confier à un autre membre de la famille suite à son acte de rébellion vis-à-vis de la religion. Un oncle très extrémiste dans ses idées. Cet homme lui imposera la connaissance infaillible de la Bible. Il forcera Edward à prêcher la bonne parole et à savoir traduire le livre Saint dans plusieurs langues, par cœur. Au collège, pendant ce temps, il va favoriser les sciences naturelles et se découvre une préférence pour le prénom d’Aleister. Il lui a été inspiré par le principe numérique et mystique hébraïque. Les chiffres associés aux lettres et formant ce prénom donnent un total de 666. Un hommage ironique et provocateur à l’égard de sa maman en quelque sorte, mais il appréciera ce prénom pour une autre raison également. Il est un dérivé de « Alastor », un nom Celte dont l’influence de ce peuple resurgit à cette époque. Tout ceci semble logique, cela fait suite aux différents mouvements Néo-Païens qui naissent en Angleterre.
Après avoir hérité de la fortune familiale, on le dit aveuglé par l’argent et relativement prétentieux. Ses premiers poèmes édités révèlent une homosexualité non affirmée, malgré une relation homosexuelle non cachée. Il est vrai que ça n’était pas la même époque qu’aujourd’hui et que le « coming Hout » n’existait pas encore. C’était un sujet qui pouvait s’avérer délicat. Il va ensuite abandonner ses études et rejoindre une société secrète du nom de « Golden Dawn », traduit par « l’ordre hermétique de l’Aube dorée ». C’est le Golden Dawn qui va lui servir d’école occulte après avoir expliqué qu’il aurait eu une vision. À ce moment, il se fait appeler Perdurabo, traduit par « J’endurerai ». Crowley va quitter cette société secrète progressivement, souhaitant son indépendance, et surtout parce que son homosexualité dérange et que les conflits au sein de l’ordre se multiplient. Il est dit « fou », et finit par dilapider tout son argent dans des voyages dont le but était d’obtenir une certaine culture ésotérique basée sur la sexualité. Ces dernières idées sont d’ailleurs ce qui va lui donner très mauvaise réputation et qui le fera chasser de différents endroits. Beaucoup de groupes estimaient qu’il avait des activités discutables et surtout des mœurs douteuses, autant dans le milieu mystique que scientifique. Il ne cessera de faire scandale mais continuera sa route, seul…
Expliquant après qu’il est la réincarnation du médium John Dee, il se rend ensuite en Asie et étudie les cultures Bouddhistes et Taoïstes. Il va se retirer au Mexique où il sera initié à la franc-maçonnerie. Il continue son voyage pour partir à la frontière qui sépare la Chine du Pakistan afin de gravir des montagnes. Là-bas, il découvre d’autres formes de savoir et il sera très bien vu par la population. Lorsqu’il épousa Rose Edith Skerrett, la sœur de Gérald Kelly qui lui inspira ses premiers poèmes, elle lui annonça au Caire qu’il allait recevoir les signes d’une nouvelle voix spirituelle. Il retourne alors dans les montagnes pendant que sa femme met au monde leur première enfant, en Écosse. À partir de cet événement, beaucoup de choses vont mal tourner. Il exige que sa femme et sa fille le rejoignent car il est accusé d’avoir tué deux de ses agresseurs lors d’une expédition. Une fois que ce fut chose faite et que les litiges furent en quelque sorte calmés, il part en Chine rejoindre sa maîtresse en demandant à sa femme et à sa fille de repartir en Angleterre. Son absence va lui coûter la mort de sa fille sans la possibilité d’un adieu, il va accuser sa femme de la mort de la petite, ce qui choquera l’entourage. Deux autres petites filles verront le jour mais le couple n’y survivra pas et divorcera. Aleister Crowley se cherchera des prétextes lors de la procédure de divorce en expliquant que ces adultères avaient eu lieu mais qu’il en avait fait mention pour que tout ceci ne retombe pas sur sa femme, il disait donc là « couvrir ». Plus tard, cela ne l’empêchera pas de devenir une tête importante dans la franc-maçonnerie, dont ses poèmes feront aussi son identité sur les murs maçons.
Aleister Crowley va renouer avec le monde occulte en 1909 après ses déboires amoureux et son retrait dans le monde zen. Il fait publier son ouvrage « le Livre de la loi », sur les connaissances qu’il a acquises au Caire. Il écrira aussi un autre livre très connu parmi les adeptes de la tarologie : « Liber 777 ». Il est question d’un recueil des significations du tarot qu’il a appris au « Golden Dawn », la première société secrète qu’il avait rejointe étant plus jeune. C’est avec Victor Benjamin Neuburg qu’il va ensuite, en Algérie, mettre en place une magie sexuelle qui portera le nom de « Magick ». Ce culte sera largement condamné, mais quand même repris. Les informations seront modifiées et Crowley reste montré du doigt sous le prétexte de son homosexualité. Ses détracteurs vont tous faire pour que ses véritables écrits ne soient pas mis en avant, en s’emparant de son travail.
Aleister Crowley ne va pas abandonner et va créer l’Astrum Argentum, traduit par « étoile d’argent » en latin. Il est question, dans ce dernier cas, d’un ordre occulte reprenant les bases du « Golden Dawn », mais avec des modifications. Il persiste et souhaite toujours se rapprocher d’une forme de sorcellerie basée sur la sexualité. Il remplacera, par exemple, dans l’Astrum Argentum, le Dieu Osiris par son fils Horus. Il va fonder ensuite l’ordre Thélémite qui sera un dérivé de l’ésotérisme occidental. « Thelemites », nom donné aux adeptes, est traduit par « celui qui fait ce qu’il veut ». Des phrases faisant les principes de ce culte vont ressortir régulièrement : « fais ce que tu veux sera la totalité de la loi » et/ou « L’amour est la loi, l’amour sous la volonté ». L’ordre de Thelema forme un tout avec le cosmos et la nature dit-on, ce qui est perçu comme un acte d’amour et d’harmonie spirituelle. Ce sont les divinités égyptiennes qui vont être à l’honneur et les pratiques magiques sont bien entendu les bienvenues. Ce culte ne s’est pas mis en place du jour au lendemain puisqu’il est inspiré de la vision qu’avait eue Rose, son ex-femme, qu’il va décrire dans différents ouvrages au fil du temps. S’il est confirmé que cette croyance a inspiré le premier coven Wiccan de Gardner, sachez que Théléma est aussi utilisé pour désigner la volonté de Dieu lui-même parmi les chrétiens. Une croyance reliée à l’ancien Testament. Il est vrai que l’on ne peut ignorer qu’il y eut une vraie rivalité, dont on a beaucoup entendu parler à l’époque, entre Aleister Crowley et François Rabelais. Rabelais est un moine qui fournira sa propre version dont l’occultiste se serait inspiré. Une chose est sur au creux de Thelema, Aleister Crowley pensait être l’incarnation de la bête sous le nom de Therion, qui fut marié à Babalon et qui sera à son tour l’incarnation de Lilith, à s’y méprendre, avec un mélange de la terre mère. Crowley le dira lui-même, je cite : « avant même mes 10 ans, j’avais déjà conscience d’être la bête dont le nombre est 666. Je ne comprenais pas tout ce que cela impliquait ». La mère de Crowley et cette déchirure le poursuivront toute sa vie au point de le convaincre qu’il est le diable. Aujourd’hui, le nom de Therion est souvent mentionné dans des cérémonies occultes et Babalon est dessiné avec une épée, assise sur la bête de l’apocalypse. On sent toujours l’influence chrétienne qu’a subie Crowley dans l’enfance et l’influence luciférienne qui arrivera plus tard en France. Dans le livre de Thot, Aleister Crowley écrira encore à propos de Babalon : « Elle chevauche la bête; dans sa main gauche, elle tient les rênes, représentant la passion qui les unit. Dans sa main droite, elle tient la coupe bien haute, le Saint Graal enflammé avec l’amour et la mort. Dans cette coupe sont entremêlés les éléments du sacrement de l’Aeon ». Aleister c’est en réalité inspiré du « livre d’Abramelin le Mage » pour la création de certains rituels, mais nous aurons l’occasion d’approfondir plus tard à ce propos.
Pour en revenir à Crowley, sa réputation va définitivement s’enrayer lorsqu’il va montrer sa véritable nature, avec beaucoup moins de soutien et surtout beaucoup moins d’argent. Devenu un soutien oral à l’Allemagne tout en vivant aux États-Unis durant la Première Guerre mondiale, il sera très mal perçu dans son pays. Il va vivre de l’argent que lui donnent les temples auxquels il appartient et va travailler à sa magie sexuelle du nom de « Magick ». Il loue ensuite une ferme en Sicile et commence à être victime de dépôts de plainte, souvent justifiés, au point d’être surnommé « l’homme le plus pervers du monde ». Il tombe dans la drogue, provoque, ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé à la tête du clan qui finançait son travail jusqu’ici. Il forme des initiés allemands dans cet ordre, tels que Karl Germer, grâce à qui Adolf Hitler finira par avoir l’enseignement de Thelema entre les mains. Germer finira par être déporté comme ennemi de la nation allemande. Chaque mois pourtant, c’est Karl qui versait de l’argent à Crowley pour qu’il puisse éditer ses ouvrages mais Aleister ne pourra rien faire pour lui face au parti nazi. Crowley initia également Israel Regardie qui fut considéré comme traître en publiant son savoir maçonnique. Aleister Crowley va ensuite attaquer différentes personnes en justice à son tour, pour tenter de trouver des fonds. Son plan ne va pas marcher et il perdra les procès un à un en aggravant ses dettes. Le dernier initié de Crowley avant sa mort, n’est pas n’importe qui non plus puisqu’il est question de Kenneth Grant. Un homme qui participa à la création d’un grimoire utile aux exorcismes, le dragon rouge, aujourd’hui gardé sous clef par le Vatican dit-on. Kenneth Grant influença la création de cet ouvrage au travers de l’Ordre typhonien, lui-même influencé par la loi de Thelema d’Aleister Crowley. Tout ceci est un parallèle qui donnera lieu à l’existence de la wicca dont c’est inspiré Gardner.
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 11/12/2019. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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