Anneliese Michel, ou l’isolement total et la maladie ignorée
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Je vous ai parlé, dans l’article précédent, du trouble autistique que subissait Anna Élisabeth. Pour l’époque, non seulement elle était très mal prise en charge, mais elle était aussi très peu comprise. Ajoutez y des parents radicalisés et des membres du clergé au passé douteux et le drame va commencer progressivement.
Anna Élisabeth va connaître les premières crises dues à son handicap. Elle en fera une en septembre 1968, puis une autre en août 1969, ce qui va pousser ses parents à lui faire faire un examen neurologique. Ceci reste un procédé normal dans un contexte comme celui-ci. C’est en effet le seul moyen de diagnostiquer ce trouble avec un électroencéphalogramme. Le but est de mesurer les ondes électriques du cerveau pour découvrir des maladies invisibles à l’œil nu, mais qui se trouvent êtres cérébrales. Le trouble est donc détecté et diagnostiqué sur l’enfant, mais dans le même temps, Anna Élisabeth va être victime d’une pneumonie. Elle va contracter la tuberculose. Sa santé étant toujours aussi fragile que quand elle était petite, elle va être envoyée et soignée dans un centre d’Allgäu en Allemagne durant 6 mois. Là-bas aussi, le diagnostic de l’épilepsie avec absence (TSA) sera confirmé par les médecins. C’est aussi dans cet endroit qu’elle fera part de ses premières images qui se superposeront à sa vue, comme des gens grimaçant, le fait de voir des démons ou d’entendre des voix. Étant consciente que quelque chose ne va pas, elle en parle à son entourage. À ce moment-là, elle n’en fait pas mention comme quelque chose de démoniaque. Felicitas D. Goodman le confirme dans ses écrits, pages 44 du livre « Anneliese Michel et ses démons ». Les lettres de l’enfant dans « Le diable est en moi », qui ne sont pas passées inaperçues puisqu’elles ont été rendues publiques par la suite, en parlent également. À cette époque, on dit aussi qu’Anna Élisabeth parlait de sa maladie avec lucidité et qu’elle n’attribuait pas tout ceci au monde occulte. Quand elle va entrer chez elle, pourtant, la jeune fille va s’isoler progressivement. Ses parents lui donnant une éducation particulièrement stricte, et ayant raté des cours, elle va devoir étudier autrement. Elle se bat. Anna Élisabeth était une excellente élève, mais ses résultats scolaires vont chuter. Elle va tomber en dépression…
Comme si son dévouement religieux ou la maladie n’était pas suffisante pour cette enfant, les parents d’Anna Élisabeth vont l’empêcher de sortir car elle rencontre un nouveau petit ami. Le premier dont elle va tomber très amoureuse semble-t-il. La morale à la maison va faire qu’Anna Élisabeth ne pourra pas le voir comme elle le souhaite, sera interdite de bal, et sera encore plus coupée de ses amies dès l’âge de 16 ans. Les choses vont ensuite déraper encore un peu plus. En 1973, elle va parler de coups dans les murs et dans les placards. Elle dit entendre fréquemment des bruits et va expliquer qu’elle entend des voix qui lui parlent de l’enfer. Un médecin diagnostiquera alors de la « psychose paranoïaque naissante » et elle sera obligée d’abandonner une partie de ses études par peur de l’échec. Ce dernier symptôme est récurrent chez les enfants victimes de TSA. Ses parents ne vont pourtant pas l’entendre de cette oreille et elle va être encouragée la même année à continuer malgré son état, dans « la Haute école d’éducation de Würzburg ». Je vous rappelle, comme expliqué dans l’article précédent, que c’est le diocèse de Würzburg qui aurait organisé le mariage des parents d’Anna Élisabeth pour étouffer une affaire de viol et d’enfant illégitime. Pour poursuivre ses études dans cette école, la jeune fille va être installée dans un dortoir catholique de filles. Là-bas aussi les TSA avaient été diagnostiqués de façon très précise, puisqu’il avait été expliqué à Anna Élisabeth et à ses parents que tous partaient de lésions cérébrales dans la région temporale gauche. Il lui avait été aussi diagnostiqué une dépression névrotique, ce qui n’avait fait que confirmer les propos d’autres médecins consultés auparavant. Malgré ses difficultés et son handicap, un peu moins de deux ans plus tard, Anna Élisabeth va réussir avec brio son examen pour obtenir l’autorisation d’enseigner au sein de l’Église catholique. Elle réalise le rêve de son père. L’année suivante, elle réussira sa thèse qui porte le nom de « L’établissement de la peur comme tâche d’éducation religieuse », ce qui veut déjà en dire long. Par la suite, les études d’Anna Élisabeth seront encore freinées à cause de son état de santé qui ne fait que se détériorer de jour en jour…
Comme je vous l’avais expliqué, un point important à rappeler : le seul traitement qui peut soigner les TSA dont est victime Anneliese aggrave les symptômes avec une possible provocation de la maladie schizophrène. Anna Élisabeth devra pourtant continuer à prendre ses médicaments. Des doutes subsistent sur le fait qu’elle aurait pris ou non son traitement car il lui restait plus de doses que prévu. Quelques améliorations avaient été constatées pourtant, mais elles n’étaient pas suffisantes pour celles et ceux qui l’entouraient. Dans l’article suivant, vous allez vous rendre compte de ce qu’il se passait dans l’ombre de ces crises épileptiques et de sa dépression. Quelque chose d’organisé par l’église et par les parents dans un cercle restreint, dont même l’adolescente n’aura pas le droit de parler au départ. Tout était soigneusement organisé sans que ses camarades de dortoirs, les médecins et les personnes qui n’étaient pas désignées comme appartenant au cercle, ne soient au courant…
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 03/08/2018. Toutes reproductions est interdites sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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