De Mastema à Satan, origine du diable et confusion linguistique
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On retrouve fréquemment le nom de Satan dans le judaïsme, le christianisme et l’islam. Daniel E. Gershenson a émis l’éventualité que son appellation pourrait vouloir dire « Titan ». Le nom de Satan est d’abord apparu dans la Bible des Hébreux, traduit par « ennemi » en tant qu’homme adversaire. Il apparaîtra en tant qu’homme ennemi ou comme un verbe dans la religion, par la suite. Une traduction de la Bible Hébraïque parle également de « endieballon », toujours en tant que verbe pour définir cette ou ces entités. On peut se rapporter à Victor P. Hamilton pour son livre « Satan » et à David Noël Freedman pour son ouvrage « Anchor Bible Dictionary », édité par Doubleday en 1992, qui le confirmera. Ils ont tous deux étudié pour savoir si satan était le nom d’un être néfaste ou un nom commun utilisé pour désigner les traits de caractère de quelqu’un. C’est dans ce dernier cas que leur hypothèse pourrait changer beaucoup de choses. J’ai donc pris la décision de me renseigner à mon tour.
En réalité Satan ne serait pas un être tel qu’on l’entend, mais un terme désignant une mauvaise personne ou un rival. Le roi David, deuxième roi d’Israël mentionné dans la Bible, a été qualifié de « Satan » par ses adversaires militaires, par exemple. Ce terme était aussi utilisé pour décrire un être céleste corrompu et, si l’on va dans ce sens, il semble logique que tous les anges déchus soient des satan. Dans tous les cas, ce mot définirait l’acte même de commettre une trahison immense dans le cadre d’un conflit. Dans certains passages de la Bible Satan serait la désignation d’un être céleste diabolique, empêchant un être angélique d’avancer dans sa quête.
Chez les Amoraïm, peuple qui a transmis son savoir Judaïque en parlant le dialecte araméen des Juifs, Satan est très important également. Il y désigne les mauvais penchants, alors qu’il serait responsable aussi des péchés décrits dans la Bible. Quelque soit la position dans laquelle le mot « Satan » est utilisé, il est la description d’une entité néfaste. Dans le cas des Rabbins, Satan est identifié au serpent du jardin d’Éden. Dans la Torah d’Israël, le diable ne peut pas exister car l’autorité dudit « Seigneur » ne se partage pas. Il n’existe pour eux qu’une instance appelée « le Satan ». Nous repartons donc sur un nom commun et non sur l’existence d’un démon. Dans l’Islam, le mal porte le nom d’Iblis. Le « Shaytan », traduit par le « diable », refusa de se plier devant Adam et sera chassé du paradis. Dans ce dernier cas, par contre, il possède une identité qui lui est propre.
Dans le christianisme, Satan serait le chef des démons pour avoir été un ange déchu de ses droits après s’être rebellé contre Dieu, nous dit-on. C’est d’après l’Église catholique romaine que Dieu créa les anges, mais que certains d’entre eux prirent le mauvais chemin et penchèrent du côté du mal. Satan est vu chez les chrétiens comme le Serpent de la Genèse dans l’ancien Testament, alors que dans les évangiles du Moyen Âge il était associé à « Belzébuth ». Satan se fait aussi appeler Lucifer, mais il semble que ni l’ancien ni le Nouveau Testament ne fasse mention de cette appellation, d’autant plus que la traduction d’origine de ce nom est « porteur de lumière ». Il était pour les chrétiens celui qui brillait le plus, avant de se corrompre. Là encore, on hésite sur le nom commun ou le nom propre, étant donné que les traces de sa véritable identité sont multiples au sein du christianisme. D’autres possèdent un nom qui n’a jamais changé ou qui est resté proche de la traduction d’origine. Le terme de Satan pour définir le dit «diable», lui, est toujours absent. C’est dans le Nouveau Testament que l’on voit le terme de « Satan » désigné comme un nom propre ou comme un démon face à Jésus de Nazareth. Nous verrons apparaître également le « Vade retro Satana », traduit par « arrière Satan », dans un extrait de l’Évangile selon Matthieu.
Aujourd’hui, on recommence à utiliser le terme de Satan pour décrire une personne néfaste dans son comportement, tel que les expressions très connues : « Tu as le Diable au corps ! » ou bien « Tais toi satan » quand on s’adresse à une personne qualifiée de très mauvaise, de trop rapide et de très énergique. L’évolution linguistique, les traductions et les changements qui ont eu lieu au travers des siècles et qui ont été volontaires ou non, ont créé de véritables confusions. À ce titre quand des personnes prétendent avoir affaire à Satan en s’adressant à un être humain, elles nous disent simplement avoir affaire à une personne possédée par n’importe quel démon ou à une personne négative, tout simplement, non à une personne qui sert le diable.
Même si d’anciennes littératures citent « Asmodée », « Azazel » ou « Satan », nous retrouverons aussi « Mastema » qui serait le chef des démons depuis la période du second Temple en l’An 530 avant notre ère. Une origine bien plus ancienne encore qui remonte à 70 ans après Jésus-Christ, dans la mythologie juive. Mastema est, selon le livre des jubilés, le véritable Satan que beaucoup redoutent et qui œuvrerait aux ordres de Dieu pour infliger des punitions. Il serait intervenu lors du déluge, par exemple. Quand Dieu décida de supprimer tous les démons, Mastema lui demanda de lui en laisser quelques-uns pour pouvoir continuer à exercer son autorité. Cette appellation est donc l’une des plus anciennes que l’on trouvait déjà dans les écrits religieux araméens, elle n’est pourtant pas mentionnée dans la classification des démons. Satan aurait pris sa place ce qui ne définit pas toujours le véritable nom du chef des enfers. Ceci nous pousse à nous poser les bonnes questions quant à la classification des êtres démoniaques et la véritable identité dudit diable, de ses origines dans l’histoire religieuse, en angéologie ou en démonologie.
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 28/11/2018. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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