Gérald Brousseau Gardner et le Gardnérianisme
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Je vous avais parlé de Gardner et de sa traduction du terme « Wicca » ou « Wiccan ». Le terme de Wicca a été sujet à discussion car Gardner nous disait qu’il était traduit par sagesse. C’est faux. En réalité, dans le vieil anglais, le terme « sorcellerie » se dit « wiccacraeft ». Le terme de « wicca » quant à lui, est le masculin de sorcière toujours en vieil anglais. Toutes ces appellations proviennent d’un seul et unique verbe qui est « wiccian », on pourrait qualifier de mot étiquette en France. Wicca est traduit par « ensorceler », et non par « sagesse ». Gardner avançait cet argument pour parler de l’art des sages. Nous aurions pu nous dire que c’était une simple erreur, ça arrive. Mais ça ne sera hélas pas la seule. Je vais découvrir des choses assez rocambolesques, soutenues par Margaret Alice Murray. Gardner ira aussi dans son sens au travers de l’un de ses livres titré « le culte sorcier en Grande-Bretagne ». Je cite: « l’école conduite par des anthropologues, comme le Dr Margaret Murray, qui ont essayé de considérer la question sans peurs superstitieuses, ni arguments théologiques ou incrédulité matérialiste ». On le voit ici amadouer Margaret Alice Murray, dépendante du chiffre 13. Mais vous vous rendrez compte que ces deux-là étaient bien plus complices encore qu’il n’y paraît…
Maintenant que vous avez compris le lien entre Gardner et Margaret Alice Murray, grâce à l’article précédent, nous pouvons commencer l’histoire de la wicca. Il en était une figure très populaire. Le véritable nom de Gardner est Gérald Brousseau Gardner. Il est le fondateur de l’un des premiers plus gros mouvements Wiccans qui portent tout simplement son nom : le « Gardnérianisme ». Gerald Gardner n’était pas seulement un écrivain, il était aussi poète et se qualifiait d’anthropologue autodidacte. On le qualifiait volontiers de précurseur de la magie moderne. Gérald Gardner était quelqu’un de richissime que l’on voyait dans des milieux complètement différents de ceux auxquels il a appartenu. Il ne fut jamais élevé par ses parents qui le mettront de côté dans les bras d’une infirmière, qui finira par le mettre à son tour à l’écart. Elle avait été remarquée pour ne souhaiter s’occuper que de ses petites affaires, l’enfant passant après. Une personne présente mais inexistante pour Gérald Gardner, qui fit seulement acte de présence au fil des ans. Des témoins de l’époque parleront de Gérald comme d’un chérubin qui ne servait que de prétexte à cette femme pour profiter de l’argent de ses parents en l’utilisant, lui. Elle était son modèle pourtant, un modèle de manipulation. En grandissant, il préférera s’intéresser aux voyages plutôt que d’aller travailler dans des usines de renom toute sa vie. Il prit donc la décision d’interrompre ses études pour partir au contact des peuples qu’il souhaitait connaître. Dans le même temps, il s’intéressait déjà à l’occultisme et était un grand passionné des armes de toutes sortes. Il avait déjà brièvement croisé Aleister Crowley à ce moment.
Il finira par prendre sa retraite en Angleterre à l’âge de 52 ans, en 1936. Il quitte les hauts services du pays, très bien placé socialement, tout comme Margaret Alice Murray. Il n’arrêtera pas pour autant ses explorations qu’il effectuera dans l’Hampshire, au sud de la Grande-Bretagne toujours. Il découvrira l’Île de Man et y fera des explorations sur les légendes de la région. En plus de côtoyer le milieu spirite et certains membres du clergé, il s’intéressa à la Société théosophique qui était aussi l’une des branches qui commandaient la franc-maçonnerie. Elle était connue sous le nom de la « Co-Masonry ». Gardner y fut très bien accepté étant donné qu’il y avait déjà des liens. C’est là-bas qu’il rencontra des membres de la famille de ceux qui l’avaient initié discrètement dans les années 1940. Suite à cette initiation, il expliquera être un descendant de Grissell Gardner brûlé comme sorcière en 1610. C’est la même année que Murray nous parlait de son Dieux androgyne. Il exprime alors son désir de vouloir réhabiliter la Wicca. Trois ans après que Gérald Gardner ait pris sa retraite, plusieurs membres de la Co-Masonry vont organiser un coven dont le but était de s’inspirer de l’ancienne sorcellerie. Vont se réunir alors Gérald Gardner, Dolores North de son vrai nom « Madeline Montalban », Louis Wilkinson et Alexander Matthew. Gardner commencera dès le départ avec les principes de Margaret Alice Murray. La Wicca est née, pour devenir le « paganisme » puis les « Néo-Païens ». Il y a donc une énorme différence entre Païens (Magie ancienne) et Néo-Païens (Magie moderne et Wicca), entendons-nous bien sur ce point.
Pendant ce temps en Angleterre, la sorcellerie est toujours aussi mal vue. Gardner va publier son célèbre ouvrage : « Le livre des ombres ». Ce livre va circuler généreusement pour ouvrir la voie à d’autres. En 1951, les covens Wiccans vont accroître encore leur popularité. Des livres sont écrits par Gardner, publiés, pendant qu’il expliquera qu’il tirait sa magie du Moyen Âge. Il dira tenir ça grâce à un autre groupe qui souhaitait garder ses rituels secrets. Je ferais le lien avec le coven de New Forest où Gardner y a eu un logement de 1884 à 1964. Sybil Leek, sorcière et parapsychologue qui attirait les foules, dénonça déjà quelque chose d’assez parlant à l’époque. Elle a vécu à New Forest de 1917 à 1982, et se brouillait régulièrement avec d’autres sorciers et d’autres sorcières au sujet de rituels sexuels imposés lors de cérémonies dans des, je cite : « traditions reconstruites ». Elle fera mention de drogues mais je n’en sais pas plus même si je vous rappelle que Crowley, l’un des plus grands collaborateurs de Gardner, est mort de cette façon. Crowley travaillait déjà avec acharnement à ce qu’il appelait sa « magie sexuelle », mais nous approfondirons dans l’article à ce propos. Pour en revenir à Gardner, il expliquera que les membres de New Forest tiraient leur enseignement de père en fils et de mère en fille alors que dans le même temps, il n’avait de cesse de mentionner la fameuse « Dolores North » comme ancienne sorcière. Il la décrivait puissante afin d’appuyer ses propos. C’était le cas dans un domaine très différent, le monde politique. Elle soutenait le parti conservateur et l’église anglicane. Pour celles et ceux qui n’ont pas entendu parler de l’Église anglicane, il est question d’une autorité chrétienne d’Angleterre qui se sépara des fondements et des principes du pape de l’époque tout en conservant certains préceptes chrétiens. Dans tout ce rififi, il semble qu’Aleister Crowley sera ensuite désigné pour venir au secours de Gardner. Ce ne fut pas la première fois puisqu’il le croisa bien avant son initiation, je vous le rappelle. Gardner avait beau être homophobe, dans ce cas l’homosexualité de Crowley ne le dérangera pas. Aleister Crowley est un homme qualifié de mage et de fidèle Franc-maçon, qui aidera Gardner à imposer la Wicca. Ils vont créer ensemble un cocktail détonant entre ésotérismes appris dans les sociétés secrètes qu’ils ont côtoyées et dont ils ont fait partie, les religions et connaissances appartenant à Mircea Eliade qui inspira aussi plusieurs néo-fascistes de son époque, et Margaret Alice Murray qui étaient donc Égyptologue. Gérald Gardner va reconstruire certains principes wiccans en s’inspirant de la franc-maçonnerie et cette fois-ci de « la clé de Salomon ». Il plagiera surtout Aleister Crowley.
Quand enfin les lois furent changées en Angleterre et que Gérald Gardner se montra régulièrement au monde, ce qu’il ne pouvait faire auparavant, il fut présenté comme fondateur de la wicca. Certains membres de nombreux covens n’ont pas apprécié la manœuvre même si Gardner s’en défendit. IIl s’empare d’autres idées qu’il réadapte comme le faisait Murray, et va commettre d’autres faux pas au point de perdre ses fidèles et le soutien de certains groupes. Il ne va pas lâcher prise et va concevoir un autre coven au nord de Londres après ces divisions. Son associée féminine, qui est restée, va aussi l’abandonner peu à peu lui reprochant la trop grande publicité qui tourne autour de lui, Gardner semblant la préférer aux principes wiccans. Parmi les membres qui vont partir, quittera aussi le coven Doreen Valiente qui estimait que les propos sexistes et homophobes de Gardner allaient trop loin.Avec le temps, il sera aussi observé que Gérald Gardner avait refusé la version de « Apuleius » car trop connue, le plagiat pour la charge de la déesse aurait été évident et mal perçu selon une analyse de Ceisiwr Serith. Nous aurons aussi l’occasion d’approfondir à ce propos dans l’article concernant Doreen, puisque c’est aux côtés de son expérience qu’il va aussi se servir. D’une façon ou d’une autre, la véritable source identifiable de la charge restera celle de Alipili sous le nom de « Centrum Naturae Concentratum » qui date du 17e siècle. Ces textes significatifs, qui feront aussi la wicca et la charge de la déesse Wiccane, furent publiés pour la première fois en allemand par Johann Otto von Helwig en 1682. Gardner tenta de faire de nouvelles lois pour les adapter à ses idées dominantes afin de bloquer Doreen Valiente en quelque sorte, mais elle ne se laissa pas soumettre et créa son propre coven après l’avoir beaucoup soutenu. Pendant que les sabbats mineurs commencent à être présentés comme importants, ce qui n’était pas le cas au départ, les fêtes de la lune deviennent capitales sous une autre forme. Ce sont les huit sabbats qui vont être adoptés par les wiccans sous la célèbre roue de l’année. Une chose est sûre, le coven va se diviser à force de divergences, ce qui va donner lieu à différents mouvements. Les guerres vont commencer et ne vont plus jamais s’arrêter…
Parlons donc maintenant des règles de ce coven et de cette tradition que l’on appelle le « Gardnérianisme ». Gardner va former ses grandes prêtresses mais il y a des exigences. Le début de l’initiation réclame aux nouveaux et nouvelles arrivantes de prêter serment devant le dieu cornu et la déesse mère en plus d’en étudier la forme ésotérique, le sens et les symboles. Ils se doivent d’étudier les puissances lunaires, les phases de la lune, l’importance du principe féminin et masculin et la réincarnation qui a une place majeure dans cette tradition. Les actes sont souvent plus importants que les mots dans le principe Gardnerien, dit-on. Les nouveaux initiés doivent apprendre la célèbre loi du triple choc en retour, le cercle sacré de pouvoir, le credo wicca, les fêtes sacrés tels que les esbats et les sabbats largement inspirés des païens sans être véritablement accolé aux anciennes traditions puisque modifié. Il est dit qu’au sein du Gardnérianisme, garder secrets les rituels et l’existence de son coven est une loi première, ce qui expliquera sans doute les conflits précédents. Gardner lui-même ne respectait pas les principes de son coven. On y expliquait aussi qu’apporter quelque chose de positif à son prochain est primordial. Chez les Gardnériens, le savoir est très bien perçu car il est indispensable pour continuer à transmettre les principes wiccans. L’exemple en est avec Gardner lui-même qui donnait des cours occultes dans son propre musée. Le Gardnérianisme est la tradition wiccan dit d’origine. L’élève doit être formé par un membre du sexe opposé obligatoirement, c’est l’une des règles fondamentales. Ce genre de principe donnera lieu à des mouvements destinés aux homosexuels qui ne sont pas toujours acceptés.
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 10/12/2019. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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