Krampus, la véritable identité du monstre de noël
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Krampus est un être à moitié chèvre et à moitié démon qui peut aussi porter le nom de « Krampuskarten ». On dit que c’est celui qui punit les enfants qui n’ont pas été sages à Noël. Il est souvent l’associé de Saint-Nicolas qui vient récompenser les petits lors du réveillon et durant la distribution de cadeaux dans le but de juger de la situation. Krampus reste le centre de certaines fêtes événementielles. Mais qui est-il vraiment ?
Krampus serait préchrétien. Une représentation du dieu Cornu dans sa version remixée et endiablée par la religion dominante du moment. John Honigmann, un anthropologue qui s’exprimait en 1975, viendra confirmer ces propos. Il expliquait que le travail qui accompagnait Krampus, et auquel on l’associe encore aujourd’hui, avait un lien direct avec les sorcières. Dans sa version modifiée, il est une figure de l’époque qui laisse apparaître des chaînes. Pour les adeptes de l’église, il est surtout un désir d’emprisonnement du diable. John Honigmann fera donc mention d’un possible vestige de rite d’initiation païen qui fut repris. Ce sont encore d’autres chercheurs qui viendront confirmer cette théorie quelques années plus tard. C’est dit, Krampus serait un être mystique à l’origine, qui est devenu au fil du temps un outil de propagande en opposition aux païens. D’une région à une autre, les représentations peuvent changer, mais le mélange païen et chrétien semble définitivement acquis en particulier. Nous pourrons le voir au travers de tapisseries datant du 17e siècle, très nombreuses. Lors de la guerre, par exemple, en 1932, Krampus va même être interdit sous ce que l’on appelait le « Parti social-chrétien », quelque soit sa forme, mais il sera aussi défendu sous le dit « Parti autrichien », ayant des idées un peu similaires. Avant d’accaparer les cultes existants, la religion dominante avait l’habitude de condamner puis de modifier, pour adapter. C’est vers 1950 donc, que Krampus va revoir le jour en ces termes : « Krampus est un homme mauvais ». C’est une phrase que vous retrouverez sur des brochures distribuées dans plusieurs villages et qui fera que, beaucoup plus tard, il revêtira l’apparence la plus proche de ce qu’il est aujourd’hui. Des costumes seront fréquemment utilisés en période de fête, à l’image de la dite bête.
Malgré toutes les transformations qu’a subies Krampus, certaines d’entre elles reviennent régulièrement quoi qu’il arrive, et là aussi je vais tenter de comprendre. Les cornes qu’il a sur la tête sont représentatives des cornes de bouc. À ce niveau, il n’est pas difficile d’en percevoir le sens. Les branches de bouleau, quant à elles, servaient plus précisément à mettre des tapettes aux enfants de l’église dit-on. Lorsque Krampus était apparenté à celui que l’on appelle « le ruten », dans sa version païenne, les branches de bouleaux venaient en réalité remplacer les cadeaux par manque de moyens ou par coutume. Elles n’étaient pas là pour battre les petits. Dans la version pré-chrétienne, le bouleau est parfois remplacé par un fouet. Il arrive aussi que Krampus ait un sac accroché sur le dos afin d’y mettre les enfants, pour être sûr de les conduire en enfer. Nous observons là un mode d’éducation basé sur la peur. Il fallait s’assurer que les plus jeunes restent sages et obéissants. En parallèle, dans d’autres cultures, ce même sac sert à protéger celui qui est porté dedans. Le but était, dit-on, de préserver les bambins gentils des bambins maléfiques qu’ils pourraient croiser sur le dos dudit « monstre » pendant qu’il marche. Sachez qu’une légende circule dans les Vosges également. Krampus pouvait accompagner Saint Nicolas mais dans ce cas, les enfants pouvaient entendre de son sac tous les sanglots et les plaintes qui en sortaient. S’ils connaissaient leurs prières, ils échappaient à la sanction, alors que dans le cas contraire ils auraient affaire au diable, transformé parfois en père fouettard pour l’occasion. Lorsque le sac n’est pas sur le dos, il est accroché à la taille dans d’autres représentations dudit monstre que serait Krampus. D’une façon ou d’une autre, il servait encore à instaurer la peur. C’est pour cette raison que des costumes créés à cette image ont été interdits il y a peu. Ils étaient fabriqués avec de la peau et des poils d’animaux dans certains pays. Trop de réalisme pour un être créé de toute pièce face à une guerre de religion. Nous sommes loin de l’entité païenne qui donnait des branches de bouleau à la place des cadeaux. Aujourd’hui, nous avons un monstre d’origine chrétienne fabriqué de toutes pièces qui ne revêtit absolument pas sa fonctionnalité et son symbole d’origine. Nous avons un diable terrifiant, créé rien que pour les enfants en période de fête.
En d’autres régions, Krampus est un peu plus modéré semble-t-il. Il se contenterait de distribuer du charbon aux enfants qui n’ont pas été sages. Je pense que cette version de l’histoire doit vous rappeler quelque chose. Nous en avions parlé lors du sabbat de Yule, je cite en tous les cas mes propos : « C’est à ce moment que Heimdall vient visiter les foyers pour offrir des cadeaux aux enfants sages, et laisse de la cendre dans les chaussettes pour ceux qui n’ont pas été corrects ». Dans cette citation, sachez que je ne l’avais pas précisée par oubli sans doute, mais la cendre peut aussi être remplacée par du charbon. Ces morceaux de charbon, vous les retrouverez aussi dans la légende de « jack à la lanterne » durant Halloween, de son vrai nom « Samain » qui est le nouvel an païen. En cette période qui recoupe les fêtes d’octobre jusqu’en janvier, beaucoup de choses sont confuses à cause des différents événements conflictuels qui ont eu lieu dans l’histoire. Ça a considérablement modifié les cultes qui étaient déjà présents, y compris la véritable origine de Krampus. Saint Nicolas, lui, est parfois habillé dans des vêtements d’évêques avec un bâton en or. Il est accompagné, bien entendu, par son assistant qu’est le célèbre Krampus, qui peut ou non errer à sa guise pour commettre ses méfaits. Ils persisteront volontairement à faire de lui le visage du diable. Nos deux représentants du bien et du mal se partagent le travail et c’est hélas tout ce qui sera retenu.
En ces temps modernes ne vous y fiez pas. On entend beaucoup parler de Krampus comme le fils d’une déesse nordique provenant des enfers. Cette légende, qui a pourtant été reprise par des émissions qualifiées de sérieuses, provient en réalité d’un jeu de rôles inventé par Gerald Brom souvent appelé « Brom », tout simplement. Il est un artiste de fantaisie gothique et de jeux de rôle très connu aux États-Unis. C’est peut-être son ouvrage, un roman de 2012 titré « Krampus le Seigneur de Noël », qui va semer aussi la confusion. Mais avant d’en arriver là, il y eut d’autres représentations de Krampus qui vont progressivement changer son image à de nouvelles reprises. Les cartes postales des années 1800 modifient leur allure pour laisser la place à des textes douteux, qualifiés d’humoristique à l’époque. À coup de poèmes, Krampus est dessiné tentant de faire peur aux enfants avec l’un de ses pieds. Ce dernier a été remplacé par le sabot fendu d’une licorne à s’y méprendre. Il sera aussi le Krampus qui poursuit des femmes dans un sadisme prononcé. En Italie, on évolue avec des masques et des costumes de Krampus ou les adeptes se cacheraient dans des grottes. Vient après un jeu qui a pour but de surprendre les enfants en leur faisant très peur. Les petits ont ensuite l’obligation de réciter une prière pour se débarrasser des chahuteurs qui les tapotent légèrement sur les jambes avec les mains. Une fois la mission terminée, les protagonistes courent et essayent d’en attraper d’autres.
En 1958 pourtant, on retrouve des traces du culte d’origine de Krampus. Un écrivain du nom de Bruce Maurice suggérera une boisson pour la saison de célébration autour de cette entité. Elle est appelée « un schramps Krampus », en allemand, traduit par « Krampus rétréci » ou « un Krampus rétréci ». J’ai un doute sur la traduction, mais les deux se valent.Il est question d’un cognac qui est fait avec des fruits et qui attire ou éloigne les Perchten. Ce sont des esprits païens dont le nom singulier est appelé « Perchta ». En Autriche, ce sont également les noms des masques que les gens portent lors de différentes célébrations. Ils sont quasi identiques à notre Krampus actuel, en France par exemple. Les Perchten, qui étaient souvent des femmes très belles, étaient soit considérées comme positives pour apporter richesse et chances au peuple païen, soit elles étaient détentrices de crocs dont elles se serviraient pour éloigner mauvais esprits et démons. On commence à mieux comprendre cet acharnement. Le culte des morts et des esprits païens qui apparaissaient entre Samain et Yule, entre Halloween et Noël donc, vénérait l’entité qui a inspiré Krampus. Elle est l’un de ses épicentres. Un être protecteur, non un monstre enchaîné qui terrorisait le peuple et en particulier les plus petits. Vous retrouverez aussi une variante de ce culte en Italie sous le nom de la « Befana ».
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 21/12/2019. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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