Paranormal

La fin d’Anneliese Michel, l’exorcisme fatal

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Crédit photo : cottonbro studio, photo d’illustration

Comme vous l’avez compris dans l’article précédent de ce dossier, la fin d’Anna Élisabeth a sonné. Entre cercles médicaux contrés par un membre du clergé qui ne se montrent pas et qui confirme un cas possession accompagné d’un chef spirituel douteux non reconnu par les autorités de l’Église, une adolescente qui tente d’expier ses dites fautes à même le sol dès l’âge de 7 ans, des parents marqués par des tragédies mais montrés du doigt en permanence, un petit ami qu’elle n’aura que peu le droit de voir, comme pour lui interdire le bonheur, la vie de cette enfant n’aura été qu’exploitation et horreur en effet, mais peut-être pas comme beaucoup pourraient y croire. Quelques-uns attribuent les cris qu’elles poussent à un cas de possession, d’autres à sa maladie. Étudions ensemble l’exorcisme fatal, ne serait-ce que pour lui rendre justice dans une affaire paranormale qui n’en a jamais été une…

Le 16 septembre 1975, un exorcisme sera autorisé par la hiérarchie de l’église cette fois-ci. Il sera effectué sous le modèle du « Rituals Romanum » traduit par « rituel Romain ». Il possède un caractère juridique au sein de l’Église catholique et donne un caractère plus sérieux et plus officiel aux yeux des croyants. L’affaire commence à faire du bruit. Alors qu’un exorcisme est normalement effectué pour extirper un démon d’un corps humain, dans le cas d’Anna Élisabeth, on parlera aussi de sortir plusieurs démons. Le procédé utilisé viserait, entre autres, à utiliser l’intervention des démons eux-mêmes et à enregistrer les faits. L’adolescente va s’exprimer avec une haine s’en égale. Elle va prononcer des insultes que son entourage du moment va attribuer à Lucifer, Judas, Nero, Caïn, Hitler et Fleischmann. Même si les intervenants parlaient alors de démon humain, on constatera la confusion entre démons et fantômes dans l’exorcisme officiel. Il y a une différence entre un être de l’enfer et un esprit humain. Vous en conviendrez, pour les connaisseurs, ces deux cas sont différents et on ne règle pas les choses de la même manière. Les « sauveurs » d’Anna Élisabeth ont, en réalité, un message à faire passer.

Fleischmann, nommé comme le 6ième démon, était en réalité un prédécesseur d’Ernst Alt qui était très mal vu par l’église lui aussi. Je commence à constater sur la bande et sur la traduction d’autres coïncidences qui vont me faire douter de la réalité des intentions de cet exorcisme organisé. Renz, notre conquérant de la voyante mystique que le père d’Anna Élisabeth aura pris pour modèle dans le passé, va expliquer qu’il a entendu Anna Élisabeth lui parler de choses précises durant cet exorcisme. Elle lui aurait dit que si elle subissait tout ceci, c’était pour sauver d’autres âmes de l’enfer car elle avait été maudite. Elle aurait ajouté être victime d’une malédiction qui lui aurait été infligée par un voisin de sa mère. Je pense que vous allez faire le lien avec les événements décrits dans le début de ce dossier et le contexte de la mort de cette grande sœur qu’elle n’a jamais connue, issue du viol qu’aura subi sa propre mère. Renz ira même jusqu’à prétendre à nouveau que cette même malédiction a été infligé à Anna Élisabeth avant sa naissance. Nous approfondirons plus tard là-dessus, car je vais vous fournir la bande son et la traduction de cet exorcisme pour une plus grande prise de conscience.

Pour en revenir à Anna Élisabeth, elle fera toujours preuve d’une grande discrétion et essaiera toujours de masquer ses troubles TSA en plus de ceux que lui ajoute la situation. Ceci sera exigé par ses proches et par les représentants de l’église qui l’entoure. Elle arrivait tout de même à alterner ses déplacements entre Würzburg et Klingenberg autant pour ses études que pour les exorcismes relativement éprouvants qu’on lui impose. C’était à Renz de s’assurer qu’il n’y ait pas d’informations qui sortent du cercle afin de préserver les apparences…

Le 3 mars 1976, c’est le début du carême et son état se détériore à une vitesse considérable. Elle cesse définitivement de se nourrir, ayant pourtant déjà eu des problèmes alimentaires répétés. Son état mental décline et les crises recommencent. Elle souffre, elle se sent seule, elle se torture elle-même en s’agenouillant sur le sol et en se faisant saigner tellement elle se racle les genoux à rester en position de prière. Elle répétera vouloir expier ses dites fautes. Sa petite sœur essayera de l’aider mais cela ne l’empêchera pas de se frapper la tête contre le sol, tout ceci sera attribué aux démons et non à l’autisme ou aux traitements médicamenteux non adaptés. À Würzburg, elle ne peut plus sortir de son lit, elle va très mal, sa sœur fait appel à un groupe de prière qui viendra à son chevet. Ils veulent appeler un autre médecin, mais l’infirmière sur place refusera sa présence. Il est clairement expliqué que les personnes présentes ne doivent pas parler de ce qu’il se passe. Étant trop faible, ses déplacements sont limités, seul Renz va l’emmener dans son cercle religieux à Ettleben et va la faire revenir ensuite chez ses parents à Klingenberg. Cela ne va rien arranger, bien entendu. Elle s’inflige des coups violents, des morsures, et s’auto mutile quotidiennement. D’après les témoignages de ce cercle restreint, elle mord un mur jusqu’à se briser une dent, mais ils ne s’arrêteront pas. Durant les dernières semaines avant sa mort, Anna Élisabeth était accrochée à son lit pour sa sécurité et disait qu’elle reconnaissait là les stigmates de Jésus-Christ qui, pour ceux qui en ont déjà entendu parler, savent que cela ne ressemble pas à ça. Il y a une différence entre des marques de clous plantés dans la peau et les traces d’une corde qui tient fermement un poignet. Le 30 juin 1976, c’est la fin.

Si le suicide est interdit par l’église, c’est en tous les cas de faim et de déshydratation qu’Anna Élisabeth va mourir. À l’autopsie, ils détecteront une pneumonie qui n’a pas été soignée et qui l’aurait encore plus fragilisé. À sa mort, elle ne pesait que 31 kg pour une hauteur de 1,66 m. Dans le prochain article, nous allons voir des points importants de la procédure juridique et de l’intervention des médias , de quelques vérités qui ont été cachées au reste du monde à l’époque mais qui sortiront au grand jour quelques années plus tard…

© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 05/08/2018. Toutes reproductions est interdites sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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