Les sabbats,  Rituels et croyances Néo Païennes

L’antisémitisme et la misogynie dont furent victimes les sorcières et les fêtes de sabbats

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Crédit photo : T Leish, photo d’illustration

Les fêtes de Sabbats étaient très appréciées et furent appelées «bonesozes» ou «bensozia» en Italie, des termes qui veulent dire «bonne chose». Ces fêtes avaient un caractère extrêmement positif jusqu’à l’inquisition espagnole vers 1460. Là, elles prirent un autre sens. Pourtant, dès le Moyen Âge et parfois même avant, des personnes extérieures étaient les bienvenues lors de ces Sabbats. Elles s’y rendaient volontiers. Des sorcières étaient appelées une à une, ayant des compétences pour soigner avec les plantes, par exemple. Elles remplaçaient les médecins trop loin des villages.

En attendant, vers 1420, Bernardin de Sienne avait progressivement commencé son œuvre : Diaboliser les sorcières. Il va jouer un grand rôle dans les clichés qui vont perdurer autour de ces femmes. Il fut connu pour son « bûcher des vanités » où ce prédicateur brûla leurs affaires : bijoux, vêtements, paroles de chansons non religieuses, produits de beauté. Fervent catholique, il voulait aussi leur fin, mais elles continueront au travers des siècles, cachées.

Les sabbats vont être victimes eux aussi des croyances dominantes de cette époque et vont se retrouver en porte à faux avec leurs adeptes. Les opposants vont faire croire que ces femmes se mettaient des crèmes sur le corps fait de chair d’enfants sacrifiés pour des rituels, qu’elles priaient le diable et qu’elles étaient ses épouses, qu’elles allaient piétiner le christianisme et forniquer pour danser avec le roi de l’enfer. À l’époque, le seul vrai problème était qu’elles ne priaient pas pour le Christ, tout comme les Juifs qui furent attaqués avec elles.

Les choses vont ensuite s’accélérer. Pour que les autorités du clergé puissent se débarrasser du culte des sabbats et des croyances juives, dans le même temps, ils firent des amalgames volontaires. Sur un point de vue linguistique, par exemple, le mot «sabbat» n’est pas un synonyme de «messe noire» comme on peut parfois l’entendre. Il est inspiré en réalité du mot « Chabbat » qui est une fête juive très peu appréciée, elle aussi, des Chrétiens. Les adeptes de l’église décidèrent d’en faire un dérivé à la prononciation pour semer la confusion dans les esprits. Si à cette époque on faisait mention de façon insultante que les croyants de confession juives avaient un nez forcément pointu, c’est au même moment que l’on commença à dessiner les sorcière avec une verrue sur le nez. Il en va de même pour le chapeau. En effet, le judenhut est un accessoire que devaient obligatoirement porter les juifs sur la tête. Il fut aussi imposé aux femmes accusées de sorcellerie afin d’être repéré dans la population. Ces dernières ainsi que les juifs seront alors régulièrement victime de violences. Il est étonnant que l’on en fasse l’apologie aujourd’hui, le mouvement New Age et les séries télévisées y sont sans doute pour quelque chose. Des termes juifs relevant du sacré seront utilisés pour décrire des sabbats. Ces exemples, en sont quelques-uns parmi tant d’autres. En 1810, l’antisémitisme et la misogynie perdureront au travers des livres d’enfants écrits par les frères Grimm.

L’historien Jules Michelet leur consacra un ouvrage en 1862 pour les réhabiliter, mais sans résultat. Il sera montré du doigt. Les sabbats ont été très mal décrits pendant longtemps car les seuls qui en parlaient et qui faisaient figure de puissance étaient des croyants qui ne toléraient pas leur existence. À ce titre, ils ne savaient pas ce qu’il s’y passait.

© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 06/10/2018. Toute reproduction est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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