Les traditions de Dynion Mwyn et Taliesin einion Vawr
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Comme promis, nous arrivons à la tradition de Dynion Mwyn, le coven dans lequel aurait été initié Diane Lucifera qui fut la grande prêtresse de la Wicca Luciférienne. Son grand prêtre était Taliesin einion Vawr. Dynion Mwyn a été traduit par « les hommes justes », en français. On y verra un mélange de croyances druidiques et des rites féeriques, Celtes et Chrétiens mais aussi gallois. Leurs membres vont y ajouter de l’Étrusque et de la sorcellerie Pictish. Les pictes seront donc de la partie. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les Pictes, c’est un peuple dont les croyances se situaient principalement en Écosse. Leurs noms apparaissaient déjà au 10e siècle et par rapport à leur descendant, on parle aussi d’identité Pictish. Il est très dur de se situer par rapport à la culture sur laquelle se base la tradition du coven Dynion Mwyn. Il est fait mention de plusieurs peuples très différents les uns des autres. Cette tradition Wiccane a été revue dans les années 50 par Taliesin einion Vawr. Il fait peut-être partie des premiers à s’être inspiré de Margaret Alice Murray. En plus du reste, on y retrouve des rites de la tradition féri dont nous parlerons dans un autre article. On trouvera dans ce coven la philosophie des Templiers et les rituels magiques NROOGD, on peut agrandir la liste avec des cérémonies de Kibbo Kift. Par la suite, les membres expliqueront que tout ce mélange forme à lui tout seul leurs ancêtres. Ceci me semble peu probable étant donné l’époque et les régions qui séparent ce groupe des croyances ici mentionnées. La tradition de Dynion Mwyn, ce sont aussi les enfants de Dôn qui, je cite : « auraient été dominés et envahis par les Celtes ». Ils se seraient réfugiés dans les collines du Pays de Galles, nous explique-t-on. Je décide alors d’aller plus loin…
Commençons par le « NROOGD ». Il est question de rituel provenant de Gérald Gardner qui s’est inspiré d’Aleister Crowley. La signification des initiaux « NROOGD » est: « New Reformed Orthodox Order of the Golden Dawn » traduit par le « Nouvel ordre orthodoxe réformé de l’Aube Dorée ». Cela ne vous rappelle rien ? Je cite mes propos provenant de l’article de ce dossier concernant Crowley : « Il va ensuite abandonner ses études et rejoindre une société secrète du nom de « Golden Dawn », traduit par « l’ordre hermétique de l’Aube dorée ». C’est le Golden Dawn qui va lui servir d’école occulte après avoir expliqué qu’il aurait eu une vision« . Nous parlons bien ici de la même société secrète qui a été le fondement des croyances de Crowley. Ces idées seront aussi reprises par Gardner, puis par la tradition de Dynion Mwyn. Le NROOGD n’est que l’une des nombreuses appellations et/ou branches de cette société secrète. Ce qui n’était au départ qu’un groupe de recherches Occultes deviendra un coven portant le nom de « Full Moon Coven » conçu à partir des ouvrages de Gérald Gardner. À l’époque, la wicca était encore presque secrète et le Full Moon Coven et ses membres ont créé beaucoup de rituels qu’ils rendront publics par la suite. Ces rituels ont été modifiés car quelques-uns avaient jugé qu’ils étaient un peu trop chrétiens. C’est à ce moment qu’ils s’inspirèrent des écrits de Robert Graves. Nous sommes toujours dans le monde Wiccan et pour les adeptes de Dynion Mwyn, qui prétendaient utiliser des rituels très anciens et antérieurs au mouvement Gardnerien, on sent que certaines de ces explications ne sont pas crédibles.
Pour en revenir au mélange des traditions de Dynion Mwyn, je vous ai parlé plus haut de la cérémonie Kibbo Kift. Ça aussi, ce n’est pas n’importe quoi puisque ça a marqué les générations, en particulier dans le climat de l’époque. Le Kibbo Kift était un groupe qui voulait apporter la paix dans le monde et dont l’un des meneurs sera John Hargrave. Le Kibbo Kift a été fondé en 1920, un an avant que ne soit publié l’ouvrage influent de Margareth Alice Murray. Le Kibbo Kift avait certes des intentions nobles au point de réunir des suffragettes intégrant la théosophie, des militants de toutes sortes ou des gens très cultivés, mais au sein de ses fondateurs gravitaient déjà l’ésotérisme. Dans les années 1920, les rituels et les croyances de John Hargrave prirent trop de place au sein de la structure Kibbo Kift, je le cite : « L’inspiration pour les rituels les plus cachés de Kibbo Kift provenait d’une gamme de sources hermétiques, y compris les écrits… d’Aleister Crowley« . À l’époque John Hargrave était un leader pour les jeunes de Grande-Bretagne. On ne parlait que de lui. Il croyait en la magie et en la science, aux symboles ; il sera même un inventeur engagé par le gouvernement durant la guerre. Il finira toutefois par s’installer au titre de guérisseur psychique, expliquant ses pouvoirs à qui voulaient les entendre. Si le coven de Dynion Mwyn s’est inspiré de quelqu’un ce fut sans doute de John Hargrave. Pour en revenir à Kibbo Kift, sachez qu’une fois divisée sous le nom de « L’Ordre de la chevalerie Woodcraft », il semble que certains d’entre eux se soient unis à Gérald Gardner pour former l’un des premiers covens auquel il a appartenu.
La tradition de Dynion Mwyn ne va pas être déclarée à la date de création du coven, ce qui va induire beaucoup de gens en erreur. Elle va l’être à la date de ceux dont prétend descendre les membres de Dynion Mwyn. Ils parleront de l’An 1282. En réalité, il semble que tout commence en 1965 quand William a rencontré Sarah Llewellyn sur une île d’Espagne. Les deux amoureux auraient eu une connexion spirituelle très forte. A proximité, Robert Graves qui inspira le groupe suite à des rituels dit trop chrétiens, écrira l’ouvrage « The White Goddess » en 1948. Ce livre fut diffusé en anglais. Une publication similaire avait déjà été édité en Français sous le nom de « La Déesse blanche » en 1979 puis, sous le nom « Les Mythes celtes : la déesse blanche », en 1989. L’Espagne fut l’endroit où Robert Graves est mort et a donc vécu, tout simplement. Étant Français et influent, il était aussi un grand connaisseur des mythes européens. Il essuiera des critiques sur ses théories des croyances matriarcales. Robert Graves sera applaudi pour son livre « Les mythes grecs » qui recensait des légendes provenant de l’antiquité, cela va être un point d’ancrage supplémentaire pour les wiccans de Dynion Mwyn.
À partir de là, les membres de Dynion Mwyn racontent leur histoire. Après qu’en 1965 William rencontre Sarah Llewellyn sur une île d’Espagne, « Rhuddlwm » aurait été initiée par « Taliesin einion Vawr » en 1966. Il reçoit alors le nom de « Rhuddlwm Gawr » et repart pour les États-Unis afin de transmettre l’enseignement qu’il a reçu. Ce dernier point explique peut-être pourquoi la presse qui dénonçait Diane Lucifera et Jacques Coutela, avait prétendu que leur coven venait des États-Unis. Pour en revenir à Taliesin einion Vawr, il travaille à la NASA et donne des cours de sorcellerie dans une librairie en même temps. En 1967, beaucoup de wiccans rejoignent ce groupe alors que Taliesin einion Vawr initie une certaine Lady Dana qui deviendra la grande prêtresse de la tradition de Dynion Mwyn. Tous deux vont organiser le premier rassemblement important de nature néopaïenne dans la région. Des covens vont être créés en Floride et au Texas, en Californie et en Géorgie, au point que cela finit par devenir le coven de « The Association of Cymry Wiccae » traduit par « l’Association de Cymry Wicca ». Il fut décrit comme des assemblées traditionnelles et galloises. Plusieurs groupes internes seront créés et appelés le « coven du Dragon de cristal », le « coven de Merlin » ou le « coven de Ganymède ». Ils recevront tous des recommandations claires : Ils doivent rester le plus secrets possible pendant qu’ils vont s’agrandir à Washington, au nord-est des États-Unis, à Alexandrie et en Virginie. Dans les deux derniers cas, ils vont aussi prodiguer des cours par correspondance et organiser des conférences. Viendra ensuite la vision d’un adepte lors d’un sabbat de Samain, et le groupe va encore accroître sa popularité. Le coven verra l’un de ses membres en photographie dans un journal, en train d’exécuter un rituel. Leur but ? Promouvoir le paganisme à leur façon, avec tout ce petit mélange de croyances remixées.
Voyons maintenant leurs traditions de fonds. Aujourd’hui, celle que l’on appelle « L’église celtique de Dynion Mwyn », est connue pour organiser un festival national néopaïen chaque année. L’église de Dynion Mwyn ne diffuse qu’une partie de ses croyances, mais je peux au moins vous faire mention de celles-ci. Dans la tradition, les membres pensent qu’il faut obéir au grand esprit. Étant donné l’influence amérindienne autour des Espagnols, Robert Graves s’en inspira à son tour et le ton sera donné pour ce cercle qui s’en inspire également. Par contre le grand esprit devient l’équivalent de l’extase qui doit se maintenir par l’intermédiaire du grand prêtre. Là, je note juste une transformation flagrante des croyances amérindiennes, le grand prêtre se substituant au grand esprit. Je trouve d’autres termes utilisés par ce peuple qui ont servi de base aux membres de ce coven. Le but est de créer des rituels, hélas cela ne ressemble en rien aux véritables cérémonies autochtones. Dans « L’église celtique de Dynion Mwyn » la nature est capitale. Chaque membre peut désigner l’apparence de sa propre divinité, l’essentiel étant ce qu’ils appellent « l’illumination spirituelle ». Le dieu et la déesse, représentants de la fertilité et de la création, sont en toute chose et ils restent de grands adeptes de la polarité. Ils nous disent communiquer avec les royaumes élémentaires et utilisent le rituel « Magick » pour y parvenir. Conçu par Alister Crowley, c’est un rituel qu’ils disent utiles pour apporter une forme d’évolution à l’initié par la sexualité ou la nudité. Nous sommes loin des pratiques druidiques. La règle de trois, le fameux triple choc inspiré du karma, tout comme le fait d’honorer les 4 éléments, est important. L’église celtique de Dynion Mwyn interdit toutefois de les utiliser dans le cadre d’un éventuel profit financier, disent ils. Il serait absolument interdit de manquer de respect à ses parents et aux plus anciens, beaucoup d’autres règles sont identiques aux bases de la wicca habituelle.
Je trouve enfin les noms des dieux qui sont vénérés, mentionnés avec autorisation sur leur site web officiel : La déesse du ciel du nom d’Arianrhod, appelée aussi la Vierge bleue des ténèbres extérieures, apportant la lumière et associée à l’avoine. La Corn Maiden Nimue, qui est la reine du printemps et l’esprit de la nouvelle croissance, des plantes et des animaux, fille de la Terre Mère, et visage de la jeune fille habillée de blanc brillant. Elle porterait un croissant de lune sur son front et serait associée à l’orge. La troisième divinité serait la Grande Mère appelée Donn qui serait la terre sacrée, sa force et son esprit, mais aussi le système solaire. Rappelez-vous de ce que je vous disais au début concernant les adeptes de Dynion Mwyn qui nous parlent des enfants de Dôn. Pendant que le monde serait son corps et que la déesse Donn porterait le nom de Mary, cette divinité a aussi été appelée « la mère de l’eau » dans la tradition Feri et dans le cadre du rituel Magick. Nous poursuivons avec les divinités qui sont aussi le Crone Cerridwen ou Kerridwen. Elle serait la mère du maïs, gardienne du chaudron de la sagesse et de la connaissance, symbole de la sorcière. Elle est aussi prophète et initiée associée au blé. Vous aurez le dieu des pierres bleues Danaglas qui est appelé aussi le serpent, esprit du printemps et de la puissance, innocent et pur, expliquent ils. Cette divinité serait également l’Esprit divin humain. Le Harvest Lord Twr est le roi du maïs et l’esprit de l’été, de la lumière, il est le fils et l’amant de la Terre Mère à tête de cerf et au corps et cornes dorées. Son cou porte une guirlande de fleurs d’été et son emblème est un soleil en or. Ce n’est pas fini. Vous avez aussi le roi d’hiver appelé Arddu qui est le Seigneur des ténèbres et des Morts, l’esprit de l’hiver qui nous dira qu’en sorcellerie la mort est aussi le grand maître gardien des mystères et des connaissances. Le roi cornu Cernunnos fait partie des divinités de « L’église celtique de Dynion Mwyn ». Il est le Père des animaux avec son compagnon qu’est le cerf et le sanglier, lié à la fertilité et à la richesse dans cette tradition.
J’arrive ensuite aux rituels qui sont transmis aujourd’hui sous forme de cours de sorcellerie galloise, nous explique-t-on. Pour le premier on parle de méthodes spéciales qui sont essentielles aux danses de célébrations des mystères, mais pas plus de détails ne seront donnés à ce propos. Une chose est sûre, former un cercle est important pour se connecter avec les divinités. Ils préciseront que leurs rituels sont de nature défensive ou offensive et que les membres ne sont pas forcés de participer. Il y sera dit que chaque personne peut se connecter avec le Grand Esprit sous forme de rêves ou de vision. Les membres de la tradition font aussi mention d’une dimension appelée « Summerlands » qui serait un lieu de repos pour l’âme avant qu’elle ne revienne sur terre. Je note que les initiés doivent avoir des principes tels que l’honneur, la fidélité et la sincérité, la responsabilité et le respect, l’impartialité et l’amour, le soin des autres et l’enthousiasme, la diligence et l’initiative, la tolérance et le courage, la charité et l’humilité, la dévotion et la patience… Ils en appellent au « kindess », la morale qui leur dit de ne jamais blesser personne et où l’on se retrouve purement et simplement dans le Wiccan Red. Les membres doivent avoir de la résistance et du discernement, être discrets, efficaces et sages. On retrouvera aussi les sabbats dans l’église celtique de Dynion Mwyn, en plus de 13 célébrations en rapport avec la lune au lieu de 12 dans d’autres covens. En ajoutant 4 sacrements supplémentaires à respecter, je vous cite les propos du coven : « Le pouvoir spirituel est donné aux initiés pour les aider à consacrer leur vie au bien de l’église, à enseigner, à servir, à être sacramentel et à diriger une autre église. Les membres de Dynion Mwyn sont guidés par des prêtres et des prêtresses, nourris par les rituels de l’église et les sacrements« . N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire
© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 16/12/2019. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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