La wicca originelle

Zsuzsanna Budapest et le Dianisme

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Crédit photo : Ron Lach, photo d’illustration

Zsuzsanna Budapest ayant été au contact de Gardner, étant féministe et homosexuelle, évidemment les femmes vont devoir s’imposer un peu. La wicca, qui prône les principes magiques ouverts à tous, était sous couvert de ses fondateurs originels qui avaient des tendances sexistes, homophobes, ou même encore hors la loi. Si Doreen Valiente a su se faire entendre, comme je vous l’ai expliqué dans l’article à son propos, elle ne sera pas la seule. Zsuzsanna Budapest, de son vrai nom « Zsuzsanna Emese Mokcsay », va prendre la relève. Elle se déclare fille de voyante et se revendique sorcière depuis des générations, elle continue même à s’intéresser et à étudier le paganisme en plus d’être engagée. Zsuzsanna va en Californie où elle crée son premier coven à l’époque. Elle ne va pas s’arrêter là et va écrire l’ouvrage : « The Feminist book of Lights and Shadows » traduit par « Le livre féministe des lumières et des ombres ». Son coven portera le nom, lui, de « Wicca Dianique ».

Au sein de ce culte, toutes les femmes sont acceptées, qu’elles soient homosexuelles ou non, ce qui ne fut pas toujours le cas dans les mouvances Garderiennes. Quelques-uns racontaient à l’époque que les homosexuels empêchaient toutes polarités étant donné l’importance du concept féminin et masculin. Des a priori visaient à dire qu’à cause de l’homosexualité, les deux sexes ne pouvaient pas se mélanger. Seul le sexe opposé pouvait initier un autre membre. Depuis, les choses ont évolué, bien entendu, mais vu l’état d’esprit à la création de ce mouvement wiccan, la wicca Dianique sera donc uniquement réservée aux femmes et ne s’adressera qu’à la déesse mère du nom de « Diane » dans ce cas.


Dans la wicca Dianique, les femmes ont le droit d’avoir du caractère et de pratiquer l’art de la sorcellerie sans complexe, et elles le font savoir. Il est vrai qu’à l’origine, la croyance païenne a toujours laissé une place à la femme qui était d’ailleurs gardienne des traditions. La sorcellerie Dianiste favorise la nature et les préceptes écologiques, la culture va être particulièrement appréciée. On pense souvent que l’écologie n’a rien à faire dans la sorcellerie, pourtant c’est un principe moderne de défense de la planète elle-même, et donc de la terre mère. Plusieurs femmes du culte Dianiste prennent en compte la préhistoire, et sont persuadées que les femmes y gouvernaient sans faire la guerre. Pour argumenter, ce mouvement met en avant les connaissances et le travail de Marija Gimbutas. Cette dernière était anthropologue et s’imposera dans les années 1960. « The Witch-Cult in Western Europe », écris par Margaret Alice Murray je vous le rappelle, faisait aussi mention du culte de Diane et Marija Gimbutas qui a aussi été influencée par l’égyptologue nous parlera de l’existence d’une civilisation pré indo-européenne. Elles l’appellent alors la culture préhistorique de la déesse, qui aurait existé à partir du paléolithique. Marija Gimbutas en écrira un livre du nom de « The language of the Goddess » publié en 1989 et traduit par « Le langage de la déesse ». Elle écrira d’autres ouvrages qui auront une influence comme « La Civilisation de la déesse » et le livre intitulé « Dieu et Déesses de l’Europe préhistorique ». Cela va devenir la base de la wicca Dianique.

Dans ce coven, les pratiques positives sont appréciées. La manipulation, les mauvais sorts et les malédictions très peu, sauf dans les cas où les hommes s’en prennent aux femmes. Zsuzsanna Budapest, la fondatrice de ce mouvement, sera aussi la première femme à ouvrir une bibliothèque ésotérique en Californie portant sur la magie et le féminin sacré. Elle l’appellera « Feminist Wicca ». C’est elle qui va inspirer le « Reclaiming » de « Starhawk » qui est aujourd’hui connue comme écrivaine et écho féministe, sorcière. Le Reclaiming reste un mélange effectué avec la tradition Feri. Là aussi vous verrez dans un autre article de recherche que ce choix détonant n’est pas anodin. Pour en revenir à la sorcellerie Dianique, il va être mélangé aux croyances italiennes et à la sorcellerie Gardnerienne. On y trouvera également le culte de la déesse mère de Murray. Seuls les sabbats et les esbats majeurs s’y célèbrent par contre, alors que dans certains covens les rituels de pleine lune seront conservés.

Les Dianistes souhaitent préserver leur liberté y compris dans la magie, ce qui donne lieu à l’organisation de certains cercles avec lesquels l’engagement n’est pas obligatoire. S’il y a un dieu il ne reste pas une principauté mais une divinité supplémentaire contrairement à la déesse Diane, qui reste le culte central. Zsuzsanna Budapest écrira le célèbre livre « The Holy Book of Women’s Mysteries », traduit par « Le Saint livre des mystères féminins », qui seront très populaires. Ils attireront des Wiccans et des célébrités du monde occulte. Beaucoup se sont retrouvés dans les ouvrages de cette femme, peu importe la sorcellerie qu’ils pratiquaient. L’homophobie et le sexisme, les choses non dites et cachées, l’exploitation, auront provoqué un coven de plus…

© P.Alexandra pour L’amour des reliques – 11/12/2019. Toutes reproductions est interdite sans l’accord de l’auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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